Lyon

Isabelle Huynh, globetrotteuse et fondatrice de la Clavette Around the world

Lorsque l’on s’est rencontrées à Lyon, tu commençais à parler de ton projet…Aujourd’hui, tu t’es embarquée dans un voyage au cœur de l’ingénierie positive avec La Clavette Around The World.

1- La Clavette Around The World, en quelques mots, c’est quoi ?

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Isabelle Huynh, fondatrice de la Clavette Around The Worl –  Crédit photo Elise Jourdan

Tout d’abord, La Clavette Around The World c’est une exploration. Partir à la découverte des personnes et des projets qui montrent que l’on peut faire de l’ingénierie de façon plus sociale et environnementale.

Pour partager ces initiatives, j’ai recours à des vidéos, des rencontres, des évènements et bientôt un site internet qui recueillera toutes les informations collectées. Mais le plus simple est de suivre la page Facebook  du projet.

2 – Pourquoi chercher l’ingénierie positive aux quatre coins de la planète ?

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Mission au Myanmar, Février 2017

En France, nous avons une vision limitée du rôle de l’ingénieur et surtout de l’impact positif qu’il peut avoir. Beaucoup de personnes pensent que la dimension sociale et environnementale de la conception d’un produit est un coût supplémentaire et la placent en dernière ligne du cahier des charges.

Pour préparer ce voyage, j’ai volontairement choisi des pays en développement, pour montrer que faire de l’Ingénierie Positive est une histoire de volonté et d’urgence et non de porte-monnaie. J’avais aussi la volonté de secouer les personnes en montrant que dans des pays que l’on considère moins développés, des projets impressionnants existent.

3 – Un tour du monde de l’innovation positive, ça se prépare comment ? Et avec quel budget ?

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Dans le sac à dos d’Isabelle…

Il a d’abord fallu définir ce que j’appelais l’Ingénierie Positive, pendant 8 mois j’ai rencontré des dizaines d’experts, lu des douzaines de livres et analysé des centaines de pages internet. Cette question n’est vraiment pas simple car rien n’est noir ou blanc et au début, on pense qu’il suffit d’aller creuser des puits au Soudan. Mais cette question s’est révélée bien plus complexe. Mais c’est aussi là que le projet a tout son intérêt.

Ensuite, il a fallu faire beaucoup de communication autour du projet, le présenter de façon claire pour démarcher des partenaires. Au-delà de l’aspect financier, les partenaires me permettent de faire résonner le projet et de le diffuser de façon plus large. Je fais attention à ce que mes soutiens partagent les valeurs portées par le projet et soient d’horizons variés (écoles, territoires publics, industriels). Par exemple, quand mon école d’ingénieur, l’INSA Lyon, soutient mon projet, cela montre aussi que les écoles veulent inclure plus d’Ingénierie Positive dans les programmes. Ces financements me permettent d’organiser des évènements et de financer la création de contenus.

« Je fais attention à ce que mes soutiens partagent les valeurs portées par le projet et soient d’horizons variés »

La Clavette, c’est aussi des vidéos tournées pendant le voyage. Pour cela, je me suis formée auprès de Kamea Meah, l’équipe derrière le film En quête de Sens. Ce sont eux qui m’ont donné la confiance pour partir filmer seule. Pour financer le matériel, j’ai fait une campagne de crowdfunding. C’était aussi une façon de savoir s’il y avait un public pour les vidéos. Je suis très satisfaite car nous avons même dépassé l’objectif initial de 6000€, ce qui m’a permis de payer un web developer. Je suis énormément reconnaissante envers les contributeurs, c’est très touchant de se sentir soutenue, par ses proches mais aussi par de purs inconnus.

Au final, entre mes économies, le crowdfunding et les partenariats, j’ai un budget de 18000€ pour La Clavette.

4 – Es-tu partie seule ?

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Globetrotteuse solo, Isabelle est rejointe ponctuellement dans ses différents voyages

Je suis partie seule avec mes deux gros sacs à dos, un sac d’affaire et un sac de matériel. Le fait de voyager seule ne me dérange pas car je suis plutôt indépendante et je rencontre beaucoup de personnes avec ce projet. Au niveau sécurité, le fait d’être une femme seule n’est pas vraiment un problème, il faut juste faire attention et éviter de faire des choses stupides mais c’est aussi vrai en France qu’à l’étranger.

Par contre c’est un vrai challenge de tourner seule : écouter les interviewés tout en vérifiant les réglages, transporter le matériel et faire de nombreuses heures derrière mon écran. Plusieurs personnes pensent que je pars avec une équipe mais c’est bien moi qui filme et monte les vidéos. Par contre j’ai des amis qui m’aident, comme Victor (a.k.a Egman ) qui compose mes musiques. Être seule m’oblige aussi à être devant la caméra alors que j’avoue être plus à l’aise derrière le viseur.

« C’est bien moi qui filme et monte mes vidéos »

Après il n’est pas rare que des amis me rejoignent au cours du voyage. Il s’agit souvent d’ingénieurs intéressés par ce thème. En ce moment par exemple, Kevin m’aide pour l’épisode au Vietnam.

5 – Où es-tu à l’heure de cet entretien ? Et qu’y fais-tu ?

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Le 28 mars 2017, Isabelle est au Vietnam !

Je me trouve à Ho Chi Minh City au Vietnam, et je film BA HAI NGUYEN, un ingénieur impressionnant ! Il est doyen et professeur à l’université, il a conçu des lunettes à capteurs de proximité pour les aveugles et il a développé une machine à café qui promeut le café responsable. Les dimanches, il forme des jeunes enfants à la technologie.

« Découvrir le pays sous l’angle de l’Ingénierie Positive me fait mieux comprendre la culture et la mentalité du pays »

Ce pays est aussi particulier pour moi car mes parents sont d’origine vietnamienne et découvrir le pays sous l’angle de l’Ingénierie Positive me fait mieux comprendre la culture et la mentalité du pays. Je me rends aussi compte de la différence entre l’époque de mes parents et maintenant. Ho chi Minh City s’est énormément développée ces dernières années et cela en est presque déstabilisant.

6 – C’est quoi la prochaine destination ?

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Dans les rues de Saigon, Février 2017

La prochaine destination est le Cambodge. Je suis très impatiente d’y aller car on m’a fait part de nombreux projets et il y a des lieux comme l’Impact Hub de Phnom Penh qui sont des vrais viviers de projets. Il m’est parfois arrivé de passer plusieurs jours à trouver des initiatives dans un pays, mais au Cambodge, je pense avoir plus de temps pour échanger et filmer les porteurs de projets.

7 – Et en rentrant en France, tu as des projets ?

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Toujours reconnaissante, Isabelle s’appuie sur un soutien de proches, de rencontres locales et de partenaires

Je dirais même que j’ai trop de projets ! Tout d’abord, finir le montage des vidéos qui resteront, puis faire les retours promis au niveau de mes partenaires.

J’ai plusieurs pistes : faire un long documentaire qui serait le « Demain » de l‘Ingénierie, démarrer ma propre entreprise sociale, donner des cours ou pourquoi pas refaire du développement de produit !

Quoi qu’il en soit, je me rends compte que j’adore le contact humain. Je pense organiser plusieurs évènements comme l’Apéro Tech que j’avais organisé sur Lyon avant mon départ.

« J’ai plusieurs pistes […] démarrer ma propre entreprise sociale »

J’aime aussi faire des interventions en école, les étudiants sont souvent intéressés et j’espère vraiment que cela encouragera certains à faire de l’Ingénierie Positive.

Dans tous les cas, il reste encore plusieurs mois d’ici mon retour et les choses changent vite. Mais s’il y a bien quelque chose de certain, c’est que dès que je rentre en France, je vais partager une assiette de fromage et une bouteille de vin avec des amis !

8 – Un conseil pour les jeunes français qui souhaitent donner du sens à leurs actions ?

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Isabelle est une travailleuse nomade !

Faites un métier où vous pouvez apporter de la valeur et qui respecte vos valeurs ! Je pense qu’il est important de définir ce que l’on aime faire au quotidien, au-delà de ce vers quoi notre formation nous oriente. On est tous différents. Pour certains, ce sera d’analyser son environnement, pour d’autres, ce sera de fabriquer avec ses mains, ou encore de partager son savoir. Il s’avère que l’on est souvent doué pour ce que l’on aime faire. C’est dans ce cas de figure que l’on apporte à un projet, une valeur qui nous est propre. Si en plus, vous pouvez avoir un impact positif, foncez !

Et mon deuxième conseil serait d’être curieux : s’informer sur les sujets qui vous intéressent, rencontrer des personnes de milieux différents, aller dans des endroits qui vous intriguent. Etre actif dans la construction de son parcours. J’ai l’intime conviction qu’énormément d’opportunités existent pour ceux qui font confiance à la sérendipité *

*réaliser une découverte de manière inattendue, suite à un concours de circonstances fortuits.

Interview réalisé par écrit, de Paris à Ho Chi Minh Ville (Vietnam), 28 mars 2017.

Crédit Photo : Isabelle Huynh

La suite des aventures d’Isabelle est à découvrir sur http://www.laclavette.fr/fr/home/et sur les réseaux sociaux : Facebook et Instagram

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